Projets de recherche

Projet 1 : Approche de la complexité dans le contexte de l’éducation en vue d’un développement durable (« EDD-complexité II ») (axes 1 et 3)
Responsables : Philippe Hertig (HEP Vaud) et Patrick Roy (Hep Fribourg)
Autres collaborateurs : Bertrand Gremaud, Stéphane Jenny, Carole Wuichet, Marlène Remy (Hep Fribourg), Maria Brulé, Jean-Christophe Decker, John Didier, Étienne Honoré, Denis Leuba, Alain Pache, Lucien Reymondin Reinberg (HEP Vaud), Béatrice Rogéré Pignolet (HEP Valais, HEP Vaud), Philippe Jenni (Université de Genève, FPSE), David Zappella (HEP Bejune)
Financement : Haute école pédagogique Fribourg et institutions partenaires
Période :2017-2020

Les travaux scientifiques abordant la pensée systémique et la pensée complexe d’un point de vue didactique dans le champ de l’EDD sont relativement rares, en particulier dans le monde francophone (Hertig, 2015). Les résultats du projet de recherche collaborative EDD-complexité 1 (Hertig, 2012-2016) portant sur l’identification d’outils de pensée contribuant au développement de la pensée complexe chez les élèves mettent en évidence que la plupart des enseignants du secondaire (cycle 3) ont une compréhension partielle de la notion d’outil de pensée et confondent complexité et complication. Sur le plan opérationnel, les démarches d’enseignement-apprentissage mises en œuvre par les enseignants favorisent davantage la construction des savoirs transversaux au détriment des savoirs disciplinaires, malgré le fait que certains élèves témoignent d’une capacité à mobiliser la pensée complexe ou des éléments de celle-ci, soit de manière individuelle, soit en co-construction. Le projetEDD-complexité 2 s’inscrit dans la continuité du précédent projet en poursuivant le travail sur les outils de pensée (concepts intégrateurs des disciplines, problématisation, démarches de conceptualisation, etc.), mais en élargissant ces outils à la démarche d’investigation interdisciplinaire (Roy & Gremaud, 2017) et à la modélisation de manière à ce que les élèves puissent appréhender des objets, phénomènes ou situations complexes de la réalité naturelle, humaine et sociale. Il consiste en la mise en place de communautés de pratiques (Dionne & al., 2010 ; Wenger, 1998, 2005) dans le cadre d’une recherche collaborative orientée par la conception (design based research) impliquant chercheurs et praticiens. Ce projet vise 4 objectifs : 1) Identifier les outils de pensée retenus par les enseignants partenaires qui permettent à leurs élèves d’appréhender des objets, phénomènes ou situations complexes de la réalité naturelle, humaine et sociale ; 2) Décrire la capacité des élèves à se saisir de ces outils de pensée de manière à ce qu’ils puissent mettre en œuvre une « pensée de la complexité » ; 3) Décrire les pratiques d’enseignement de l’EDD en relation avec le développement de la pensée complexe chez des élèves des cycles 1, 2 et 3 ; 4) Élaborer des savoirs didactiques sur les caractéristiques et conditions des communautés de pratiques qui favorisent l’adoption de pratiques d’enseignement de l’EDD qui permettent de développer la pensée complexe des élèves.Les données seront récoltées auprès d’enseignants et d’élèves de cycles obligatoires (cycles 1, 2 et 3) et post-obligatoires  et les analyses permettront de trianguler des données issues d’entretiens semi-dirigés, de focus groups, d’enregistrements vidéo en classe et d’artefacts divers (ex. : planification de l’enseignement, schémas, modèles, cartes mentales, cartes conceptuelles, etc.).

Projet 2: Entrée dans la Culture Scientifique à l’École : raisonnement scientifique et construction coopérative de ressources pour l’enseignement au cycle 1 Harmos (axes 1 et 3)
Responsables : Patrick Roy (HEP Fribourg), Corinne Marlot (HEP Vaud), Florence Ligozat (Coll Sc. GREDIC, SSED/IUFE Unige), Christine Riat (HEP Bejune)
Autres collaborateurs : Bertrand Gremaud, Marlène Remy, Carole Wuichet, Paola Graber (HEP Fribourg), Denis Haan, Valérie Thorens (HEP Vaud) et Laurence Marty (Unige)
Financement : Haute école pédagogique Fribourg et institutions partenaires
Période :2017-2020

Plusieurs travaux font état des nombreux défis que pose la mise en oeuvre de la démarche d’investigation scientifique en classe à l’école primaire (ex. : Marlot & Morge, 2016 ; Roy, projet de recherche en cours). Ce projet consiste à la mise en place de communautés discursives scientifiques de pratiques (Dionne & al., 2010 ; Fillon & Peteraflvi, 2004; Jaubert & Rebière, 2000, 2001 ; Orange, 2003 ; Schneeberger, 2003 ; Schneeberger & Ponce, 2004 ; Schneeberger & al., 2007) autour de la démarche d’investigation scientifique (Roy & Gremaud, 2017) dans le cadre d’une recherche collaborative (Desgagné, 1997 ; Desgagné & al., 2001) impliquant chercheurs et praticiens au sein d’une action de formation de formateurs de terrain à la HEP Fribourg. Il intègre les apports théorico méthodologiques de la didactique comparée (action conjointe enseignant-élèves et épistémologie pratique de l’enseignant dans le cadre de la transposition didactique, fonction des traces écrites dans le contrat didactique) aux composantes épistémologiques travaillés en didactique des sciences (articulation des registres empirique et des modèles, problématisation).Sur le plan de la recherche, ce projet vise 3 objectifs : 1) Décrire les pratiques d’enseignement de l’investigation scientifique (et leur évolution) au sein de communautés discursives scientifiques de pratiques ; 2) Élaborer des savoirs didactiques sur les caractéristiques et conditions de communautés discursives scientifiques de pratiques qui favorisent une acculturation réciproque des acteurs à des manières de penser, de parler et d’agir spécifiques à l’enseignement scientifique ; 3) Produire des ressources didactiques “raisonnées” pour initier les jeunes élèves du cycle 1 à la construction d’une pensée scientifique.

Projet 3: Communautés discursives technologiques de pratiques autour de la démarche technologique au 2e cycle du primaire impliquant chercheurs et praticiens (axes 1 et 3)
Responsable : Patrick Roy (HEP Fribourg)
Autres collaborateurs : Betrand Gremaud, Stéphane Jenny (Hep Fribourg), Romain Boissonnade, Bernard Chabloz, Alaric Kohler (HEP Bejune), Bernard Masserey, Vincent Bourquin, Bruno Bürgisser (HEIA Fribourg) et Fatima Bousadra (Université de Sherbrooke, Canada)
Financement : Haute école pédagogique Fribourg et institutions partenaires
Période :2017-2020

Si les préoccupations des acteurs du monde éducatif sont largement partagées sur la nécessité de faire un enseignement de la technologie dès l’école primaire, il n’en est rien sur le plan de sa signification, de ses finalités socioéducatives et encore moins sur le plan de son opérationnalisation, ni dans le discours officiel, ni dans les écrits scientifiques. Les finalités socioéducatives associées à cet enseignement sont très diversifiées (Bousadra, 2014) : contextualiser des savoirs en sciences et en mathématiques, développer le potentiel intellectuel des élèves par des tâches d’analyse, de conception et de résolution de problèmes, acculturer les élèves au monde technique, permettre aux élèves de connaitre les professions associées à la technologie, etc. Par ailleurs, plusieurs travaux font état d’une faible compréhension épistémologique de la technologie chez les futurs enseignants et les enseignants du primaire (ex. : McRobbie, Ginns & Stein, 2000 ; Rohaan, Taconis & Jochems, 2010, 2012) et montrent que son enseignement se traduirait souvent en une éducation scientifique conjuguée à des exercices d’habiletés manuelles (Bybee, 2000 ; Lebeaume, 2012), en des activités de bricolage (Bousadra & Hasni, 2012) ou en des activités scientifiques déguisées (Bousadra & al., 2011). Ce projet consiste à la mise en place de communautés technologiques discursives de pratiques (Dionne & al., 2010) autour de la technologique dans le cadre d’une recherche collaborative (Desgagné, 1997; Desgagné & al., 2001) intégrant un dispositif d’enseignement mi-fini (Kohler & al., 2015)et impliquant chercheurs et praticiens au sein d’une action de formation de formateurs de terrain à la HEP Fribourg.Sur le plan de la recherche, ce projet vise 3 objectifs : 1) Décrire les pratiques d’enseignement de la technologie (et leur évolution) au sein de communautés scientifiques discursives de pratiques ; 2) Élaborer des savoirs didactiques sur les caractéristiques et conditions de communautés technologiques discursives de pratiques qui favorisent une acculturation réciproque des acteurs à des manières de penser, de parler et d’agir spécifiques à l’enseignement technologique ; 3) Produire des ressources didactiques raisonnées pour initier les élèves du cycle 2 à la construction d’une pensée technologique.

Projet 4 : Pratiques d’enseignement déclarées de l’interdisciplinarité chez de futurs enseignants du primaire dans le cadre d’un module de formation initiale à la HEP Fribourg (axes 1 et 3)
Responsable : Patrick Roy (HEP Fribourg)
Autres collaborateurs : Yves Schubnel (HEP Fribourg)
Financement : Haute école pédagogique Fribourg
Période :2016-2019

Les justifications de recourir à un enseignement interdisciplinaire à l’école obligatoire sont nombreuses (Hasni & al., 2010) : présenter les savoirs de manière intégrée, permettre la résolution de problèmes complexes, augmenter la motivation et la réussite des élèves, favoriser la différenciation pédagogique, etc. Or, l’interdisciplinarité est un concept hautement polysémique autant sur le plan de sa dénomination que sur celui de ses modalités d’opérationnalisation (Klein, 1990, 1998 ; Lenoir, Geoffroy & Hasni, 2001). Cette recherche vise à analyser l’évolution des pratiques d’enseignement déclaréesde l’interdisciplinarité chez des étudiants de la 2e année du bachelor en enseignement préscolaire et primaire de la HEP Fribourg. Les données, récoltées auprès d’environ 200 sujets dans le cadre d’un module de formation initiale sur l’interdisciplinarité dans le domaine des sciences (sciences de la nature, sciences, sciences humaines et sociales et mathématiques), sont issues de questionnaires pré et post-intervention et de planifications d’enseignement.Elles sont analysées selon les dimensions épistémologique, fonctionnelle et opérationnelle de la pratique en s’appuyant sur : 1) le conceptd’interdisciplinarité dont les formes de collaboration entre les disciplines peuvent varier sur un continuum allant de la multidisciplinarité à l’interdisciplinaritéen passant par la pluridisciplinarité (Fourez, Maingain & Dufour, 2002 ; Lenoir, 1991) et 2) la démarche d’investigation interdisciplinaire que nous avons développée (Roy & Gremaud, 2017).

Projet 5 : Pratiques d’enseignement de la démarche de résolution de problèmes mathématique: une analyse comparative dans deux communautés linguistiques (axes 1 et 3)
Responsable : Yves Schubnel (HEP Fribourg)
Autres collaborateurs : Patrick Roy, Benedikt Finger (HEP Fribourg)
Financement : Haute école pédagogique Fribourg
Période :2017-2020

Ce projet vise à étudier dans une perspective comparative les pratiques d’enseignement ordinaires de la démarche de résolution de problèmes en mathématique (DRPM) dans deux communautés linguistiques : francophone et germanophone. L’arithmétique et la géométrie sont les deux domaines explorés. Les données sont issues d’entrevues pré et post-enseignements, d’enregistrements vidéo et d’artéfacts divers  (planifications d’enseignement, travaux d’élèves, etc.) et sont récoltés auprès d’environ une dizaine de sujets. Elles sont analysées sous l’angle de 4 dimensions de la pratique : 1) épistémologique (quelles significations les enseignants attribuent-ils à la démarche de résolution de problèmes en mathématique?) ; 2) fonctionnelle (pourquoi les enseignants engagent-ils les élèves dans des démarches résolution de problèmes?) ; 3) opérationnelle (comment s’opérationnalisel’enseignement de la résolution de problèmes en classe?) ; 4) organisationnelle (quels sont les défis, difficultés, conditions facilitantes et entravantes associés à la mise en œuvre de la démarche de résolution de problèmes?)

Projet 6 : Les relations entre disciplines scolaires et les problématiques sous-jacentes aux “Éducations à” : une analyse comparative des curriculums Québec, France et Suisse (axes 1 et 2)
Responsables :Patrick Roy (HEP Fribourg), Johanne Lebrun, Fatima Bousadra (Université de Sherbrooke) et Serge Franc (Université de Montpellier)
Financement : Haute école pédagogique Fribourg et autres institutions partenaires
Période :2016-2019

Les nouvelles demandes sociales en matière d’employabilité et de formation des individus ont entraîné dans les pays industrialisés sous l’égide de l’OCDE une prolifération des “Éducations à” dans les curriculums des systèmes éducatifs à travers le monde (Audigier, 2006). La liste de ces objets d’enseignement, récemment est imposante (Audigier, 2006 ; Lange & Victor, 2006) : éducation relative à l’environnement, éducation en vue d’un développement durable, éducation à la biodiversité, éducation à la citoyenneté, éducation à la santé, etc. Si les préoccupations liées à l’insertion des “Éducations à” dans les curriculums sont largement partagées, il n’en est rien sur le plan de leur signification et de leur opérationnalisation et encore moins de la manière avec laquelle elles doivent être associées aux disciplines scolaires, ni dans les différents systèmes éducatifs ni dans les écrits scientifiques. En s’appuyant sur une modélisation de quatre configurations théoriques pouvant caractériser les relations entre disciplines scolaires et “Éducations à” que nous avons développé (Lebrun, Roy, Bousadra & Franc, soumis) à partir des travaux de Lenoir sur la double tension instruction-socialisation et émancipation-conditionnement sous-jacente aux finalités éducatives (Lenoir, 2006, 2009, 2012) et repris ultérieurement par Hasni (Hasni, 2010 ; Hasni & al., 2016) dans le contexte des éducations à la santé, cette recherche vise à analyser, dans une perspective comparative Suisse-France-Québec, les relations entre les disciplines scolaires et problématiques sous-jacentes aux “Éducations à” dans les curriculums et la documentation de préconisation. De manière plus spécifique, nous nous intéressons aux finalités, aux apprentissages disciplinaires priorisés, aux statuts du savoir disciplinaire, aux dispositifs de formation privilégiés et aux fonctions des disciplines scolaires dans le traitement des problématiques d’“Éducations à”. Les réflexions conceptuelles produites au sein de ce projet servent à alimenter la construction du cadre conceptuel et méthodologique pour l’analyse des pratiques d’enseignement dans le projet 5.  

Projet 7 : Les formations aux pensées: qu’en penser? Les pensées mathématique, scientifique, technologique et historienne : du générique au spécifique (axe 1)
Responsable : Mathieu Gagnon (Université de Sherbrooke)
Autres collaborateurs : Patrick Roy, Yves Schubnel (HEP Fribourg), Abdelkrim Hasni, Fatima Bousadra, Sabrina Moisan (Université de Sherbrooke)
Financement : Haute école pédagogique Fribourg et autres institutions partenaires
Période :2016-2019                                                 

Les curriculums actuels centrés sur une approche par compétences mettent de l’avant l’importance de développer chez les élèves divers types, formes ou modes de pensée dans la cadre des apprentissages disciplinaires. Au Québec, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MEESR) affirme clairement que « privilégier les compétences, c’est inviter à un établir un rapport différent aux savoirs et à se recentrer sur la formation de la pensée » (MÉQ, 2001, p. 4). En Suisse, le domaine Mathématique et Sciences de la nature du Plan d’études romand « en cohérence avec les finalités et objectifs de l’école publique, mobilise et développe des méthodes de pensée et d’action tout autant qu’un ensemble de concepts, de notions et d’outils. » (CIIP, 2010, p. 7). Une analyse sommaire des curriculums du Québec et de la Suisse montre que le terme « pensée » réfère à des objets forts variés et que ces curriculums sont très peu explicites sur la question de la formation à la (ou aux) pensée(s). Cette recherche vise à construire une réflexion d’ordre épistémologique sur l’acte de penser dans ses dimensions dites générique (ex.: pensée créatrice, pensée critique, etc.) et spécifique (ex.: pensée algébrique, pensée environnementale, etc.) au sein de quatre disciplines scolaires : les mathématiques, les sciences, les technologies et l’histoire. Les contributions réalisées par les différents collaborateurs de ce projet feront l’objet d’un numéro thématique dirigé par le Pr. Mathieu Gagnon en 2019.