Projets de recherche

Projet 1 : Approche de la complexité dans le contexte de l’éducation en vue d’un développement durable (« EDD-complexité II ») (axes 1 et 3)
Responsables : Philippe Hertig (HEP Vaud) et Patrick Roy (HEP FR)
Participant-e-s: Bertrand Gremaud, Regula Grob, Stéphane Jenny, Carole Wuichet, Marlène Remy (HEP FR), Maria Brulé, Jean-Christophe Decker, John Didier, Étienne Honoré, Denis Leuba, Alain Pache, Lucien Reymondin Reinberg, Florence Quinche, Julien Bachmann (HEP VD), Béatrice Rogéré Pignolet (HEP VS, HEP VD), Philippe Jenni (UniGE, FPSE), David Zappella (HEP BEJUNE)

Financement : swissuniversities (Centre de compétences romand de didactique disciplinaire - 2CR2D), HEP FR et institutions partenaires
Période: 2017-2020

Les injonctions curriculaires appelant le développement de la capacité des élèves à « appréhender de manière systémique la complexité du monde » et de leur « compétence à penser et à comprendre la complexité » (PER) se généralisent depuis quelques années, alors que les travaux abordant la pensée systémique ou la pensée de la complexité d’un point de vue didactique sont encore relativement rares. Le présent projet, qui s’inscrit dans le prolongement de recherches menées en Suisse romande depuis une dizaine d’années, mobilise plusieurs didactiques disciplinaires pour aborder des problèmes sociétaux ou des objets de savoir appréhendés à travers le prisme du développement durable, ce qui suppose que les élèves construisent des capacités et compétences référables à la pensée complexe. Le projet comporte trois axes principaux : 1) étude des outils de pensée mobilisés par les enseignants et les élèves pour travailler sur des objets complexes ; 2) étude des apports de démarches de problématisation et d’investigation scientifique pour appréhender des objets ou des situations sociales complexes ; 3) étude des apports de démarches de visualisation graphique (schématisation, modélisation) pour appréhender des objets ou des situations sociales complexes et favoriser un processus de conceptualisation

Projet 2: Entrée dans la culture scientifique à l’école : raisonnement scientifique et construction coopérative de ressources pour l’enseignement au cycle 1 Harmos (axes 1 et 3)
Responsables : Patrick Roy (HEP FR), Corinne Marlot (HEP Vaud), Florence Ligozat (SSED/IUFE Unige), Christine Riat (HEP Bejune)
Participant-e-s: Bertrand Gremaud, Marlène Remy, Carole Wuichet, Paola Graber (HEP FR), Denis Haan, Valérie Thorens (HEP Vaud) et Laurence Marty (UniGE)
Financement : swissuniversities (2Cr2D), HEP FR et institutions partenaires
Période :2017-2020

Plusieurs travaux font état des nombreux défis que pose la mise en oeuvre de la démarche d’investigation scientifique en classe à l’école primaire (ex. : Marlot & Morge, 2016 ; Roy, projet de recherche en cours). Ce projet consiste à la mise en place de communautés discursives scientifiques de pratiques (Dionne & al., 2010 ; Fillon & Peteraflvi, 2004; Jaubert & Rebière, 2000, 2001 ; Orange, 2003 ; Schneeberger, 2003 ; Schneeberger & Ponce, 2004 ; Schneeberger & al., 2007) autour de la démarche d’investigation scientifique (Roy & Gremaud, 2017) dans le cadre d’une recherche collaborative (Desgagné, 1997 ; Desgagné & al., 2001) impliquant chercheurs et praticiens au sein d’une action de formation de formateurs de terrain à la HEP Fribourg. Il intègre les apports théorico méthodologiques de la didactique comparée (action conjointe enseignant-élèves et épistémologie pratique de l’enseignant dans le cadre de la transposition didactique, fonction des traces écrites dans le contrat didactique) aux composantes épistémologiques travaillés en didactique des sciences (articulation des registres empirique et des modèles, problématisation).Sur le plan de la recherche, ce projet vise 3 objectifs : 1) Décrire les pratiques d’enseignement de l’investigation scientifique (et leur évolution) au sein de communautés discursives scientifiques de pratiques ; 2) Élaborer des savoirs didactiques sur les caractéristiques et conditions de communautés discursives scientifiques de pratiques qui favorisent une acculturation réciproque des acteurs à des manières de penser, de parler et d’agir spécifiques à l’enseignement scientifique ; 3) Produire des ressources didactiques “raisonnées” pour initier les jeunes élèves du cycle 1 à la construction d’une pensée scientifique.

Projet 3: Communautés de pratiques autour de démarches technologiques dans le cadre d’une ingénierie coopérative intégrant un dispositif d’enseignement mi-fini (axes 1 et 3)
Responsables : Patrick Roy (HEP Fribourg) et Romain Boissonnade (HEP BEJUNE)
Participant-e-s: Bertrand Gremaud, Stéphane Jenny (HEP Fribourg), avec des collaborateurs/trices de la HEP BEJUNE, de la HEIA Fribourg, de la DICS et de l’Université de Sherbrooke (Canada).
Financement : HEP FR et institutions partenaires, swissuniversities (2Cr2D)
Période :2017-2020

Si les préoccupations sont partagées par plusieurs acteurs du monde éducatif sur l’importance d’enseigner la technologie à l’école obligatoire, la documentation scientifique fait état d’une grande diversité de finalités socioéducatives associées à cette discipline : acculturer les élèves au monde technique, développer des démarches spécifiques, faire des liens avec d’autres domaines de connaissance, etc. Ce projet consiste à mettre en place des communautés de pratiques (Desgagné, 1997, Wenger, 2005) dans le cadre d’une ingénierie coopérative (Tiberghien & al., 2009 ; Ligozat & Marlot, 2016) autour de démarches technologiques. Dans ces communautés, les acteurs sont appelés à coconstruire des séquences d’enseignement en s’appropriant une ressource « mi-finie » (Kohler & al., 2015) à caractère interdisciplinaire où la technologie est abordée selon des perspectives épistémologique, historique, didactique et psychologique. Sur le plan de la recherche et du développement, ce projet vise 3 objectifs : 1) Analyser le développement de pratiques d’enseignement sociotechniques au sein d’une communauté de pratiques (approche compréhensive) ; 2) Produire, mettre en œuvre, analyser et reconfigurer des ressources didactiques « raisonnées » pour initier les élèves du cycle 2 à une large gamme d’activités techniques (approche pragmatique) ; 3) Identifier des caractéristiques et conditions d’une communauté de pratiques qui favorisent ou entravent un partage des savoirs sur l’enseignement de la technologie (approche explicative).

Projet 4 : Pratiques d’enseignement déclarées de l’interdisciplinarité chez de futurs enseignants du primaire dans le cadre d’un module de formation initiale à la HEP Fribourg (axes 1 et 3)
Responsable : Patrick Roy
Participant: Yves Schubnel
Financement : HEP FR
Période :2016-2019

Les justifications de recourir à un enseignement interdisciplinaire à l’école obligatoire sont nombreuses (Hasni & al., 2010) : présenter les savoirs de manière intégrée, permettre la résolution de problèmes complexes, augmenter la motivation et la réussite des élèves, favoriser la différenciation pédagogique, etc. Or, l’interdisciplinarité est un concept hautement polysémique autant sur le plan de sa dénomination que sur celui de ses modalités d’opérationnalisation (Klein, 1990, 1998 ; Lenoir, Geoffroy & Hasni, 2001). Cette recherche vise à analyser l’évolution des pratiques d’enseignement déclaréesde l’interdisciplinarité chez des étudiants de la 2e année du bachelor en enseignement préscolaire et primaire de la HEP Fribourg. Les données, récoltées auprès d’environ 200 sujets dans le cadre d’un module de formation initiale sur l’interdisciplinarité dans le domaine des sciences (sciences de la nature, sciences, sciences humaines et sociales et mathématiques), sont issues de questionnaires pré et post-intervention et de planifications d’enseignement.Elles sont analysées selon les dimensions épistémologique, fonctionnelle et opérationnelle de la pratique en s’appuyant sur : 1) le conceptd’interdisciplinarité dont les formes de collaboration entre les disciplines peuvent varier sur un continuum allant de la multidisciplinarité à l’interdisciplinaritéen passant par la pluridisciplinarité (Fourez, Maingain & Dufour, 2002 ; Lenoir, 1991) et 2) la démarche d’investigation interdisciplinaire que nous avons développée (Roy & Gremaud, 2017).

Projet 5 : Pratiques d’enseignement de la démarche de résolution de problèmes mathématique: une analyse comparative dans deux communautés linguistiques (axes 1 et 3)
Responsable : Yves Schubnel
Participants : Patrick Roy, Benedikt Finger
Financement : HEP FR
Période :2017-2020

Ce projet vise à étudier dans une perspective comparative les pratiques d’enseignement ordinaires de la démarche de résolution de problèmes en mathématique (DRPM) dans deux communautés linguistiques : francophone et germanophone. L’arithmétique et la géométrie sont les deux domaines explorés. Les données sont issues d’entrevues pré et post-enseignements, d’enregistrements vidéo et d’artéfacts divers  (planifications d’enseignement, travaux d’élèves, etc.) et sont récoltés auprès d’environ une dizaine de sujets. Elles sont analysées sous l’angle de 4 dimensions de la pratique : 1) épistémologique (quelles significations les enseignants attribuent-ils à la démarche de résolution de problèmes en mathématique?) ; 2) fonctionnelle (pourquoi les enseignants engagent-ils les élèves dans des démarches résolution de problèmes?) ; 3) opérationnelle (comment s’opérationnalisel’enseignement de la résolution de problèmes en classe?) ; 4) organisationnelle (quels sont les défis, difficultés, conditions facilitantes et entravantes associés à la mise en œuvre de la démarche de résolution de problèmes?)

Projet 6 : Les relations entre disciplines scolaires et les problématiques sous-jacentes aux “Éducations à” : une analyse comparative des curriculums Québec, France et Suisse (axes 1 et 2)
Responsables : Patrick Roy, Johanne Lebrun, Fatima Bousadra (Université de Sherbrooke) et Serge Franc (Université de Montpellier)
Financement : HEP FR et institutions partenaires
Période :2016-2019

Les nouvelles demandes sociales en matière d’employabilité et de formation des individus ont entraîné dans les pays industrialisés sous l’égide de l’OCDE une prolifération des “Éducations à” dans les curriculums des systèmes éducatifs à travers le monde (Audigier, 2006). La liste de ces objets d’enseignement, récemment est imposante (Audigier, 2006 ; Lange & Victor, 2006) : éducation relative à l’environnement, éducation en vue d’un développement durable, éducation à la biodiversité, éducation à la citoyenneté, éducation à la santé, etc. Si les préoccupations liées à l’insertion des “Éducations à” dans les curriculums sont largement partagées, il n’en est rien sur le plan de leur signification et de leur opérationnalisation et encore moins de la manière avec laquelle elles doivent être associées aux disciplines scolaires, ni dans les différents systèmes éducatifs ni dans les écrits scientifiques. En s’appuyant sur une modélisation de quatre configurations théoriques pouvant caractériser les relations entre disciplines scolaires et “Éducations à” que nous avons développé (Lebrun, Roy, Bousadra & Franc, soumis) à partir des travaux de Lenoir sur la double tension instruction-socialisation et émancipation-conditionnement sous-jacente aux finalités éducatives (Lenoir, 2006, 2009, 2012) et repris ultérieurement par Hasni (Hasni, 2010 ; Hasni & al., 2016) dans le contexte des éducations à la santé, cette recherche vise à analyser, dans une perspective comparative Suisse-France-Québec, les relations entre les disciplines scolaires et problématiques sous-jacentes aux “Éducations à” dans les curriculums et la documentation de préconisation. De manière plus spécifique, nous nous intéressons aux finalités, aux apprentissages disciplinaires priorisés, aux statuts du savoir disciplinaire, aux dispositifs de formation privilégiés et aux fonctions des disciplines scolaires dans le traitement des problématiques d’“Éducations à”.  

Projet 7 : Les formations aux pensées: qu’en penser? Les pensées mathématique, scientifique, technologique et historienne : du générique au spécifique (axe 1)
Responsable : Mathieu Gagnon (Université de Sherbrooke)
Participant-e-s : Patrick Roy, Yves Schubnel, Abdelkrim Hasni, Fatima Bousadra, Sabrina Moisan (Université de Sherbrooke)
Financement : HEP FR et institutions partenaires
Période :2016-2019                                                 

Les curriculums actuels centrés sur une approche par compétences mettent de l’avant l’importance de développer chez les élèves divers types, formes ou modes de pensée dans la cadre des apprentissages disciplinaires. Au Québec, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MEESR) affirme clairement que « privilégier les compétences, c’est inviter à un établir un rapport différent aux savoirs et à se recentrer sur la formation de la pensée » (MÉQ, 2001, p. 4). En Suisse, le domaine Mathématique et Sciences de la nature du Plan d’études romand « en cohérence avec les finalités et objectifs de l’école publique, mobilise et développe des méthodes de pensée et d’action tout autant qu’un ensemble de concepts, de notions et d’outils. » (CIIP, 2010, p. 7). Une analyse sommaire des curriculums du Québec et de la Suisse montre que le terme « pensée » réfère à des objets forts variés et que ces curriculums sont très peu explicites sur la question de la formation à la (ou aux) pensée(s). Cette recherche vise à construire une réflexion d’ordre épistémologique sur l’acte de penser dans ses dimensions dites générique (ex.: pensée créatrice, pensée critique, etc.) et spécifique (ex.: pensée algébrique, pensée environnementale, etc.) au sein de quatre disciplines scolaires : les mathématiques, les sciences, les technologies et l’histoire. Les contributions réalisées par les différents collaborateurs de ce projet feront l’objet d’un numéro thématique dirigé par le Pr. Mathieu Gagnon en 2019.