Projets de recherche et développement

Projet 1: FRANCOGRAPHE (axes 1 et 2)
Participant-e-s : Thierry Geoffre (responsable) et Mireille Rodi (HEP FR) ;  Daniel Daigle (responsable), Rachel Berthiaume et Marie-Claude Boivin (Université de Montréal) ; Marie-Catherine St Pierre (Université Laval – Québec) ; Corinne Totereau, Catherine Brissaud, Marie-Line Bosse (Université Grenoble-Alpes) ; Florence Epars (HEP Vaud) ; Martine Girerd (Flos-Carmeli, Fribourg)
Financement : HEP FR et institutions partenaires
Période: 2016-2020

L’objectif du projet est l’étude de la dynamique développementale des habiletés orthographiques d’élèves francophones du primaire(6 années), notamment par le suivi et l’analyse des processus d’acquisition / apprentissage des compétences orthographiques. L’ambition, à terme, est de parvenir à proposer des outils de positionnement affinés et étalonnés en orthographes lexicale et grammaticale, à destination des enseignants.
Pour chaque degré scolaire et pour chaque pays (Québec, Belgique, France, Suisse et Haïti), le recueil du corpus vise 100 élèves par degré, soit environ 600 élèves par pays, 3000 élèves au total.
Il est prévu de proposer plusieurs sujets de mémoire de master en psychologie aux universités de Neuchâtel et Fribourg pour permettre l’accès d’étudiants aux classes et passation en parallèle d’un test cognitif.

 

Projet 2: Mesures de compensations et aménagements pédagogiques auprès d'enfants souffrant de troubles de type dysphasies, dyslexies, dysorthographies et/ou dyscalculies (enfants de 5 à 18 ans) (axe 2)
Participante: Mireille Rodi
Financement: HEP FR
Période: 2017-2020

L’article 96 du règlement d’exécution de la loi scolaire obligatoire fribourgeoise (RLS, 2016) précise que les enfants porteurs d’un dysfonctionnement (langagier, psychomoteur, par exemple) peuvent bénéficier de mesures de compensation en classe et/ou en vue de la passation d’examens. D’un point de vue juridique, la compensation des désavantages est inscrite dans la loi et fait référence, dans la Constitution fédérale, aux principes d’« égalité des chances » et d’ « interdiction de toute discrimination » figurant aux articles 2, al 3, 8 al. 1 et 2. La mise en place de telles mesures pour des enfants porteurs d'un trouble spécifique du langage de type dysphasies, dyslexies, dysorthographies ou dyscalculies vise principalement à diminuer les désavantages émanant de ces dysfonctionnements de manière à ce qu’ils puissent poursuivre leur cursus scolaire avec le moins de souffrance possible. Dans ce sens, tout en maintenant les exigences et les objectifs des différentes disciplines d’apprentissage, il convient de déterminer un projet d’aménagements pédagogiques appropriés à chaque situation. Le but ultime d’une telle procédure est de permettre à l’enfant concerné d’obtenir une certification scolaire équivalente aux autres élèves.
Dans un premier temps, ce projet vise l’élaboration d’un profil des besoins des enseignants dans ce domaine. Des entretiens semi-directifs sont envisagés, à partir de questionnaires, de manière à recueillir des informations notamment sur : les aménagements pédagogiques mis en place, leurs effets, la collaboration avec les réseaux interdisciplinaires, les besoins de formation. Cinq étudiants collaborent à cette récolte de données dans le cadre de leur travail de bachelor.
À terme, l’objectif de cette recherche aspire à la création d’un canevas pour la mise en œuvre d’un projet de mesures compensatoires, tenant compte des capacités et difficultés de chaque enfant, exploitable par les enseignants, les logopédistes et les parents, et modulable sur toute la durée de la scolarité de l’enfant.

Projet 3: Analyse de pratiques langagières (axe 1)
Participante: Mireille Rodi
Financement: HEP FR
Période: 2016-2018

En référence aux perspectives discursive et interactionniste du développement des capacités langagières et de l’acquisition d’une langue seconde, ce projet analyse diverses pratiques langagières liées aux interactions verbales adulte – enfant. Ses données concernent prioritairement des interactions avec des enfants présentant des difficultés sur le plan de l’acquisition du langage, car le réglage linguistique et communicationnel de l’adulte est d’autant plus « minutieux » (Bruner, 1983) lorsque les processus d’intercompréhension sont affectés, ce qui implique des critères d’analyse d’autant plus subtils.
Ces travaux ont pour objectif d’une part de souligner le rôle essentiel des stratégies d’étayage de l’adulte dans les processus d’acquisition/apprentissage du langage, d’autre part de mettre en évidence les compétences des enfants à se saisir des propositions des adultes à des fins potentiellement acquisitionnelles (Rodi 2013 ; 2014).
Au final, le projet vise la constitution d’une grille d’analyse (Rodi, à paraître) permettant à la fois l’évaluation des capacités langagières orales d’enfants du cycle 1 et l’auto-évaluation des stratégies d’étayage actualisées par les enseignants mêmes, afin qu’une intervention langagière de l’adulte devienne une occasion potentielle d’apprentissage pour l’enfant.

Projet 4: Développement d’outils numériques (axes 1, 2 et 3)
Participant : Thierry Geoffre
Financement : HEP FR
Période : 2016-2018

La poursuite du travail sur les outils numériques est prévue avec les points forts suivants:
- déploiement de l’application numérique « outil de positionnement » sur le terrain avec test par des enseignant-e-s de 6-7H (printemps 2017) et formation continue ciblée en juillet 2017. L’application sera ensuite étendue avec de nouvelles dictées ciblant 5H et 8H.
- proposition d’une plateforme numérique de remise à niveau adaptée aux étudiants HEP et au contexte suisse-romand avec Educlever : adaptation des contenus aux entrées grammaticales du PER et à la terminologie du mémento de grammaire. Si la proposition est retenue, le développement sera supervisé par Thierry Geoffre (printemps 2017).
- Un vaste corpus de phrases indexées selon une progression grammaticale et orthographique est en cours de développement avec Educlever dans le but de proposer un générateur de corpus ciblés par degrés, objectifs notionnels et difficultés, à la demande de l’enseignant. Cet outil pourrait être mis à disposition d’enseignants du canton dans le cadre d’une version beta (2018).

Projet 5: Lire Ecrire CP (axes 1 et 2)
Participant: Thierry Geoffre
Financement: HEP FR
Période: 2015-2018

Dans le cadre de la recherche nationale française Lire Ecrire CP, TGE (co-responsable du groupe « écriture ») poursuit sa collaboration avec Catherine Brissaud, Corinne Totereau (université Grenoble-Alpes) et Laurence Pasa (université de Toulouse). Le but est de définir l’évolution des traces écrites des élèves de début CP (3H) à fin CE1 (4H). Sont notamment visées la mise en place progressive de compétences graphophonologiques puis orthographiques et l’identification des zones de difficultés. Cette recherche englobe également une dimension sociolinguistique.

Projet 6 : Efficacité d’un training méthodologique avec des procédures littéraires/connecteurs textuels comme mesure de soutien pour la qualité de texte (au secondaire II) (axe 1)
Participant : Patrick Keller (HEP PH FR)
Financement: HEP|PH FR
Période : 2019-2021

La recherche en didactique de l'écrit constate à tous les niveaux scolaires un besoin de soutien en matière de compétence écrite et se concentre traditionnellement sur les apprenants ayant des difficultés d'apprentissage ou des préalables biographiques spécifiques à l'éducation. Dans la plupart des cas, les mesures de soutien didactiques visent à offrir une aide liée ou au processus ou au produit et définissent comme variable dépendante généralement la qualité́ globale du texte qu’on aimerait améliorer durablement à l’aide de la mesure.
Or, l'efficacité de telles interventions est très variable, ou du moins elle n’est pas toujours très facile à déterminer. Il existe cependant un certain nombre d'approches de soutien prometteuses qui, indépendamment des (nombreuses) autres variables contextuelles ont un effet relativement élevé en termes d'amélioration de la qualité du texte. L'approche des stratégies d'écriture, qui comprend également l'instrument des "procédures littéraires" ou "routines textuelles", mérite d'être mentionnée en tout premier lieu.
La mesure de soutien des procédures littéraires (collocations lexicales, constructions grammaticales ou macro-routines au niveau textuel global) se manifeste typiquement au cours du processus d'écriture, où les apprenants les traitent de manière autorégulatrice et où elles fonctionnent comme médiatrices entre le processus et le produit. L'un des défis de la didactique de l’écrit consiste dans la question comment cela peut s’induire didactiquement.
Ce problème nécessite donc une contextualisation préalable et récurrente des procédures textuelles à l’aide de textes modèles ainsi qu'une classification des connecteurs en fonction des relations sémantiques. Pour ce faire, nous mettrons en œuvre un training systématique basé sur une approche de type reading-to-write. Nous vérifierons l’effet de transfert présumé sur la qua- lité du texte si la production du texte proprement dite est précédée par la reconnaissance analytique, l'isolement et l'attribution des connecteurs de texte aux relations sémantiques, dans le but de réaliser dans la production de texte les connecteurs en question et d'améliorer ainsi la qualité du texte en termes de cohérence (sémantique) et de cohésion (syntaxique).

Projet 7 : Narration et épistémologie (axes 1 et 2)
Participant : Adriano Montefusco
Financement : HEP|PH FR
Période : 2019-2021

La narration fait partie des capacités cognitives essentielles de l'être humain. Elle repose sur l’aptitude à restituer des événements, réels ou fictifs, dans une structure donnée, à en prévoir la  réception et le traitement par les destinataires ainsi qu’à initier auprès d’eux la connaissance visée par le texte (Putzo, 2015). La recherche repose sur le roman Tristan de Gottfried von Strassburg, tiré du Haut Moyen-Age allemand, et vise à examiner les liens entre les stratégies narratives et la poétologie implicite. L'objet d'investigation est caractérisé par la stratégie même de l’auteur – unique en son genre – qui prend, dans le texte, la forme narrative d'une analyse-synthèse. Celle-ci pourrait être ramenée, le cas échéant, à la notion de " narration diagrammatique ". Par la mobilisation des stratégies narratives, le processus de lecture devient un processus analytique d'observation et de réflexion, ce qui, dans un acte de synthèse mentale conscientisée par le lecteur, crée une image des personnes (objets ou comportements), qui prend forme non seulement grâce aux compétences descriptives du narrateur, mais bien plus encore grâce à leur mise en œuvre artistique. Or, l'art de la narration incite le lecteur à une démarche de composition dont le succès repose essentiellement sur son imagination. Par ailleurs, la démarche adoptée forme le lecteur de manière ciblée.
L'étude des stratégies narratives vise la finalité suivante : contribuer aux recherches propres au vaste champ des structures épistémologiques dans les textes littéraires, en partant du contexte spécifique de l'histoire littéraire allemande, où les procédures narratives sont devenues tangibles pour la première fois et où leur nouveauté est apparue très clairement.
Le projet développera par ailleurs toute une série de questions pertinentes et utiles pour la didactique de l'enseignement de la littérature : comment les compétences transversales ou issues de l’expérience, en particulier la capacité à traiter l'aporie, l'ambivalence et les ambiguïtés, sont-elles enseignées plus ou moins implicitement dans la littérature? Et comment structurer les textes pour favoriser le développement des compétences susmentionnées ? Sous quelles conditions les structures narratives diagrammatiques et quasi-diagrammatiques de la littérature pour enfants et adolescent-e-s peuvent-elles être potentiellement réinvesties dans d’autres disciplines scolaires, favorisant ainsi un ancrage interdisciplinaire ?