Thèses de doctorat

Nathalie Dherbey Chapuis: Serait-il possible de favoriser l’acquisition du vocabulaire par une didactique explicite des relations graphème- phonème et de la prononciation lors de l’acquisition du français langue étrangère?
Directeur de thèse: Prof. Raphaël Berthele
Université de Fribourg

De nombreux articles scientifiques soulèvent la question des interférences et des transferts entre la langue maternelle de l'apprenant et la langue étrangère en cours d'acquisition.  Parmi les interférences possibles, l'interférence phonologique entre les deux répertoires est désormais démontrée (Flege, Bohn et Jang, 1997; Kartushina et Frauenfelder, 2014). Ainsi au cours des premiers stades d’acquisition, les phonèmes de la L2 sont "entendus" et catégorisés comme des phonèmes de la L1. Le deuxième type d’interférence est celui généré par des correspondances graphème-phonème qui sont différentes entre la L1 de l’apprenant et la L2 en cours d’acquisition (Bassetti, 2017; Detey et Nespoulous, 2008; Rentzepoulos et Kokkinabis, 2012).

Ces interférences limitent la perception, le maintien en mémoire de travail et on peut supposer qu’elles limitent également l’acquisition du vocabulaire. En effet, lors de la perception par exemple, le graphème de L1 (même visuellement absent) semble influencer la reconnaissance d'un phonème de L2. En lecture, un apprenant de français germanophone doit pouvoir associer le son adéquat au graphème qui lui correspond. Pour la production orale ou écrite, le problème est identique.

La question de recherche cherche à établir quelle didactique des relations graphème-phonème pourrait être favorable à l'acquisition du vocabulaire en L2. Ainsi une didactique explicite de ces deux types d'interférences est mise en oeuvre avec une moitié de classe (Gordon, Darcy, Ewert, 2013; Oyarzx, 2016; Pikulski et Templeton, 2004), et une didactique communicative basée sur le même vocabulaire et les mêmes interférences avec l'autre moitié (Llanes, Mora et Serrano, 2016; Richards, Malvern et Graham, 2008).

Pour comparer ces deux didactiques, les variables étudiées sont le maintien de l'information verbale en mémoire de travail, l'acquisition des correspondances phonème-graphème et le niveau de vocabulaire réceptif.

Ce travail de recherche devrait permettre de mieux comprendre comment limiter l’impact de ces interférences dans les premiers stades d’apprentissage du français L2.